d'une bonne soeur pour un cure

"L'après-midi, je fus bien étonnée de voir que ce n'était pas notre vieux curé qui disait les vêpres. Celui-ci était grand et fort. Il chantait d'une voix forte et saccadée. Toute la soirée, on parla de lui. Madeleine disait que c'était un bel homme, et sœur Marie-Aimée trouva qu'il avait la voix jeune mais qu'il prononçait les mots comme un vieillard.

Elle dit aussi qu'il avait la démarche jeune et distinguée." 

"Le soir il se promenait dans les allées plantées de tilleuls. Il passait très près du carré de pelouse où nous jouions, et il saluait en se courbant très bas sueur Marie-Aimée. Tous les jeudis après-midi, il venait nous rendre visite : il s'asseyait en s'appuyant au dossier de sa chaise, et, après avoir croisé ses jambes l'une sur l'autre, il nous racontait des histoires. Il était très gai et sœur Marie-Aimée disait qu'il riait de bon cœur. Il arrivait parfois que sœur Marie-Aimée était souffrante; alors, il montait lui faire visite dans sa chambre. On voyait passer Madeleine avec une théière et deux tasses; elle était rouge et empressée."           

Marie-Claire, Marguerite Audoux, les cahiers rouges, Grasset, 2008, extraits des pages 49 - 52 - 53

 

 

 

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