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~des femmes

Parfois, je croise dans des livres de femmes ou dans la rue, des encouragements à faire l’encyclopédie des femmes.

Par exemple, un jour à 9h05 à la station Charles de Gaulle-Etoile, un clochard à grande barbe harangue les rails en allemand. Je comprends quelques bribes. Il déplore le mot « clochard ». Ou son état de « clochard ». C’est le seul mot en français dans le texte. Il revêt donc, en soi, une certaine importance. Il dit que dans ce monde, nous finirons tous dans le froid de la mort (traduction libre).  Ou qu’il était mort de froid. Je lisais Margaret Mead dans le train juste avant. A la page 17 de mon édition de l’Un et l’autre sexe, dans l’introduction, elle défend l’intérêt des questions qu’elle va aborder plus tard dans les trois parties principales du livre :

« Nous vivons à une époque où toute recherche doit être évaluée d’après son urgence*. Ces questions sur le rôle réel et le rôle possible des deux sexes sont-elles purement académiques, s’écartent-elles trop des sollicitations pressantes de l’actualité ? Ces considérations ne sont-elles que passe-temps érudit et futile quand le feu est à la maison ? ».

L’un et l’autre sexe, Margaret Mead, folio essais, 1966, page 17

Le clochard semble disserter en bordure de quai. Je m’inquiète pour lui. N’est-il pas de questions plus pressantes que de faire l’encyclopédie des femmes ? Je m’acharne à une vaine entreprise. Vaine, comme vanité, vaine, comme « en vain ». Je descends l’avenue pour aller au travail en écrivant un texto. Je lève les yeux pour ne pas me faire écraser en traversant une rue. C’est l’avenue Berty Albrecht, féministe et résistante. Certainement la rue la plus courte de l’arrondissement. Mais qui connait Berty Albrecht, cette femme à l’énergie et au destin incroyables ? Allez, je continue l’encyclopédie des femmes.

*le livre de Margaret Mead date de 1948

 

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