Hobby ou passe-temps

 

On peut être curieux des passe-temps des autres ou s’interroger sur les siens.

Les passe-temps, ces activités hors du monde

 

« (...) et il [Marx] a eu également raison, c'est à dire est resté logique avec sa conception de l'homme animal laborans, lorsqu'il a prévu que les "hommes socialisés" emploieraient leurs loisirs, étant délivrés du travail, à ces activités strictement privées et essentiellement hors-du-monde, que l'on appelle des "passe-temps". »

 

Hannah Arendt, La condition de l'homme moderne, C-L, Agora, Pocket, page166

 

Les mathématiques ne sont pas qu’un aimable passe-temps

 

« [les mathématiques] Mme du Châtelet s’y attellera avec tout le sérieux et la ténacité qu’exige cette discipline rigoureuse. Pour elle, ce n’est pas un aimable passe-temps, mais un plein-temps qui la tiendra éveillée jours et nuits à Cirey [demeure où elle vécut avec Voltaire], et jusqu’aux dernières années de sa vie. Des mathématiques à la physique, et de la métaphysique à l’analyse des textes bibliques, Mme du Châtelet est la plus solide et la plus complète des « savantes » de son temps. »

 

Elisabeth Badinter, préface au Discours sur le bonheur d’Emilie du Châtelet, Rivages poche, page 21

 

S'interroger sur le rôle réel ou possible des deux sexes : hobby futile ou érudit ?

 

« Nous vivons à une époque où toute recherche doit être évaluée d’après son urgence. Ces questions sur le rôle réel et le rôle possible des deux sexes sont-elles purement académiques, s’écartent-elles trop des sollicitations pressantes de l’actualité ? Ces considérations ne sont-elles que passe-temps érudit et futile quand le feu est à la maison ? »

L’un et l’autre sexe, Margaret Mead, folio essais, éditions Denoël / Gonthier, 1966, pour la traduction française

Un sentiment souvent partagé quand on s’engage dans une aventure comme l’encyclopédie des femmes, qui a finalement très peu de sens. Je rectifie : soit elle a peu de sens, soit elle est fondamentale. Fondamentale, comme pourraient peut-être l’être des questions sur l’identité, l’altérité, les droits humains. Insensée, car égocentrée, ou égo-centrifuge disons. Quoiqu’il en soit, elle est là, et Margaret Mead soulève de façon oratoire cette question. Est-ce que ce que je fais, ce à quoi je consacre ma vie (discerner comment dans des civilisations distinctes les rôles des hommes et des femmes se sont différenciés) est tout à fait risible et futile ? Et la question dicte la réponse, « non, non, Margaret, bien sûr que ce n’est pas futile ! ». Au contraire, la façon dont hommes et femmes sont traités, placés, comparativement, dans une civilisation ne serait-elle pas un baromètre sur sa nature ? La condition des femmes comme indicateur du degré d’évolution d’une société? Je ne sais pas, il y a certainement une façon plus érudite de le dire. Je trouve la question de Margaret Mead concernant sa recherche tout à fait d’actualité. On entend encore partout, dès qu’une infime avancée des droits des femmes est obtenue, que cela est tout à fait secondaire, au regard de la crise économique, de la crise du logement et de la faim dans le monde. Et si cela n’était pas secondaire, mais au contraire au cœur de ce qui définit notre humanité ? Certains disent même que le peu d'avancée des droits des femmes est au cœur de ce qui a causé la crise économique, la crise du logement et la faim dans le monde. [ceci fut écrit avant la pandémie de Covid 19]

 

Liste des hobbies de Virginia Woolf

« In the index to volume three of her letters, for example, spanning the years 1923 to 1928, under the entry for ‘recreations and habits’ we find opera, concerts, theatre, woolwork, embroidery, sencilling, marionettes, polo, cricket, gardening, car-driving, walking, and cooking ; but no movies. »

Introduction to Mrs Dalloway, Penguin modern classics, page xxi

En 1926, Virginia Woolf  écrit un essai «  The cinema ». Ce qui appelle cette remarque et des questions : on ne confond pas son hobby avec son travail. On ne prend pas son travail pour un hobby ? Un hobby peut-il être un travail ?

Ceci appelle aussi la remarque suivante : on peut être Virginia Woolf et tricoter. Formidable. J’ai une amie business woman internationale qui tricote. Angela Merkel tricote-t-elle en cachette ? Le tricot va avec tout. cf Sonia Rykiel, auteure des lettrines du Dictionnaire universel des créatrices aux Editions Des femmes - Antoinette Fouque. Suffit sur la mode.

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